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- Merci beaucoup, Madame. Mais nous allons tenter la chance une troisième fois, et nous userons de votre offre, si nous ne trouvons pas."

     Là-dessus, nous partîmes, mon camarade et moi, ragaillardis par cette offre aimable. Nous étions sûrs d'être logés. Pour la troisième fois, nous fîmes irruption à la mairie où l'employé nous remit un billet de logement, après avoir pris nos déclarations en ce qui concernait les habitants de la dernière maison où nous nous étions rendus.

     La maison dont il venait de nous donner l'adresse se trouvait dans la rue de la Madeleine, précisément la rue d'où nous venions.

     Nous arrivons à la maison indiquée. Une femme encadrée de deux petits moutards et un troisième sur les bras vint nous ouvrir. Explications, sursaut de la bonne femme :
     "Oh : Mes pauvres petits ! Où voulez-vous que je vous loge ? J'ai quatre enfants, dont trois en bas âge et je n'ai pas suffisamment de place pour vous loger. Tout ce que je peux vous offrir, c'est le grenier."

     Nous n'aurions pas eu autre chose, que nous aurions accepté de bon coeur. Mais nous préférions coucher dans un bon lit que sur la paille. Aussi, nous refusâmes catégoriquement son hospitalité, et nous repartîmes vers la maison où on nous avait demandés.

     Là, on nous fit entrer dans la salle à manger. Il y avait déjà deux caporaux installés. Croyant la place prise, nous voulûmes battre en retraite, mais la vieille femme qui nous avait interpellés, ne l'entendit pas de cette oreille :
     "Vous n'avez rien trouvé, mes pauvres gars. Eh bien, ça ne fait rien. Ces messieurs vont coucher ici, en bas, et vous deux, vous coucherez dans la chambre du haut."

     Nous acceptâmes volontiers l'offre qui nous était faite, et nous voulûmes repartir chercher nos affaires :
     "Mais non ça ne presse pas, nous dit notre hôtesse. Je suis en train de faire le café. Quand vous aurez déjeuné, vous irez !"

     Force nous fut d'attendre. Nous en étions d'autant plus heureux que nous ne demandions pas mieux. J'avais l'estomac dans les talons. C'est que n'avoir pas mangé depuis la veille à midi, à dix-sept ans, ça se sent.
Nous nous restaurâmes donc avec du café au lait, bien chaud, du pain et du beurre, et nous partîmes chercher nos affaires.

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