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Après l'installation, ce fut la soupe. Nous mangions, toute la section réunie, dans la boutique déserte d'un tailleur. Pendant le repas, ce fut un échange de réflexions sur la bonne réception que nous avait faite les gens du pays: "Oh, moi, disait l'un, je suis bien, j'ai une chambre superbe, et un pajot, je ne te dis que ça ! - Eh bien, et moi, disait un second, je suis chez le bistro, y m'a payé la gniole en arrivant ! - Moi, disait un autre, je suis chez le boulanger, qu'est-ce que je vais bouffer comme petits pains chauds, le matin !"
Etc. Etc... Cela n'arrêtait pas. Chacun était mieux que le voisin, ce qui prouvait que tout le monde était content de son sort.
L'après-midi, nous avions quartier libre. Promenade de visite dans le pays. Relations avec les marchands de cartes postales et la soupe du soir fut vite arrivée.
Après la soupe, nous partîmes, mon camarade et moi, chez notre hôtesse, avec l'intention de nous coucher. Dans la salle à manger, se trouvaient déjà les deux caporaux, causant avec la vieille dame et sa fille, dont le mari était soldat.
La maison voisine était habitée par la tante de cette jeune femme, et son fils; ils logeaient deux soldats, eux aussi. Après quelques minutes de causerie, ces derniers vinrent tous dans notre maison. La tante se mit à la fabrication de gaufres, pendant que la jeune femme faisait le thé. Pendant ce temps, nous jouions aux cartes ou aux dames, ou nous causions tout en fumant.
Quand le thé fut prêt, on s'assemble tous autour de la table et la causerie devint générale, jusqu'au moment, où quelqu'un regardant sa montre, s'aperçut qu'il était minuit passé. Il était temps d'aller se coucher. On se sépara, contents les uns des autres, et nous plongeâmes dans un bon lit, où nous nous endormîmes d'un bon sommeil réparateur, car la nuit précédente, nous n'avions pas dormi bien tranquillement, et il fallait être frais et dispos pour la période d'instruction intensive qui se préparait.
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