home
Mais je ne crois pas qu'ils aient cette velléité, car à l'aide des microphones nous avons appris que les boches d'en face, appartiennent au 168 d'infanterie, régiment qui s'est trouvé devant le 155 à Beaumont, le 26 août. Ils sont venus ici, comme nous d'ailleurs pour se refaire la cerise.
...Le soir, minute d'émotion. A part un grenadier par section, tout le monde reste dans les cagnas, car les français doivent faire sauter une mine sur notre gauche, et on craint le tir de représailles boche.
Mais à neuf heures un quart, un agent de liaison arrive, afin de faire remonter tout le monde, car le lieutenant Sénèque n'ayant rien entendu, pense que l'explosion de la mine est retardée et que, en conséquence, nous n'avons rien à craindre. Moi, je m'en fiche, je reste dans la cagna à me reposer et à allumer, de temps à autre, une bougie à l'aide de mon briquet, afin d'éclairer un poilu, qui vient furtivement, faire une cigarette qu'il allumera et fumera ensuite dans ses mains, en se cachant dans le fond de la tranchée.
Heureusement que j'ai ma provision d'essence pour mon briquet, car il n'y a plus moyen de trouver d'allumettes et le tabac se fait rare. Mais de même que j'ai ma provision d'essence, je possède une réserve de tabac et j'ai pas mal de cigarettes à fumer.
Le lendemain, samedi, je retourne à la visite, espérant revoir le caporal comme toubib... Mais, barca. Le major était là, et probablement avait-il assez vu ma cafetière, car il me mit consultation motivée, c'est-à-dire que j'avais bien fait de me déranger, mais que je n'étais pas assez malade pour me mettre exempt de service.
J'ai donc passé mon après-midi à travailler. Armé d'une pelle, j'ai nettoyé le boyau du Portugal, puis fatigué d'un tel effort, je m'en fus me coucher jusqu'à la soupe du soir...
Dans la nuit, nous sommes allés à deux dans la tranchée Crausse, creuser le fond, mettre la terre dans des sacs et surélever le parapet, car à cet endroit il fallait se baisser pour passer et c'était dangereux. Un minen de 240 était tombé là, et avait creusé un entonnoir, faisant du même coup, écrouler le parapet. A une heure du matin, notre travail était fini et nous pouvions rentrer dans la sape, nous coucher.
Au jour, à sept heures, nous remontons tous deux et on nous colle à faire une chicane à coté de la porte de la cagna. En faisant ce travail, nous mettons à jour l'entrée d'une sape qui est éboulée. Ce que ça tape ! Il doit y avoir des macchabés, car ça pue rudement. Mais ça n'a pas d'importance et nous travaillons ainsi jusqu'à dix heures.
|