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     Nous abattons un peu du parapet et avec la terre tombée, nous remplissons des sacs à terre, qui, placés d'une certaine manière nous donne notre chicane désirée.

     A dix heures, nous interrompons notre travail qui est repris ensuite par la deuxième équipe.

     Je me repose l'après-midi, et à sept heures, je grimpe sur la banquette de tir, pour m'envoyer la garde, car il y a un départ de permissionnaires, dont un poilu de ma section, et je suis obligé de le remplacer comme gardien au poste de fusil-mitrailleur.

     Douze, bien longues heures à passer là ! Mais enfin ça se tire, en contemplant les fils de fer et les rats qui y passent, gros comme des lapins. La nuit est bien fraîche, on grelotte. Il faut danser sur place si on ne veut pas avoir trop froid.

     Dans la journée, je croyais prendre trois heures de garde, comme les copains, mais le sergent Rémy, qui commande actuellement la section a changé le dispositif et il y a du rabiot de bonshommes pour le service de jour. Le soir, à vingt-deux heures, je fais partie d'une équipe qui doit faire une patrouille. Je me voyais déjà en train de traverser le barbelé à quarante mètres des boches, mais nous avons râlé :
     "On va se faire sonner le cul !
- Faut être fou pour faire faire une patrouille ici !
- C'est bien des coups à la Sénèque. Bougre de c.., va !"

     Mais nous avions affaire à un sergent qui ne tenait pas plus que nous à servir de façon aussi ostensible, de cible aux boches, et notre patrouille se fait dans la tranchée Crausse; une ballade d'une demi-heure et nous nous séparons... Quant à moi, je vais reprendre la garde au poste de F.M. jusqu'au jour.

     Le lendemain, comme je trouve que je me suis bien embêté, cette nuit, je vais voir le major. C'est un nouveau. Il me reconnaît exempt de service pour la journée et me donne du chlorate de potasse après m'avoir enduit la gorge d'une couche de teinture d'iode. Je passe ainsi une nuit tranquille.

     Nous commençons à songer à la relève. Voici déjà treize jours que nous sommes en première ligne et on ne parle pas de nous envoyer en réserve. Il y a quatre jours la troisième compagnie, à notre droite, a été relevée par la deuxième. Quant à nous toujours rien.

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