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     Je retourne voir le major, le lendemain. Il me reconnaît, encore une fois exempt de service. Dans l'après-midi, alerte comme celle de l'autre soir : on descend tous dans la sape, car on craint un bombardement qui ne vient, d'ailleurs pas; mais parait-il que le préposé au microphone a entendu une conversation entre boches, où il en était question, et on nous fait prendre nos précautions. Mais rien ne se passe et on reprend le service normal au bout d'un instant...

     Maintenant, j'ai pris l'habitude de passer ma nuit tranquille et tant que le major me reconnaîtra j'irai le voir. Ce que je ne manque pas, d'ailleurs de faire le lendemain matin... Je ne sais ce qu'il croit me trouver, mais il me dit d'uriner demain matin dans une bouteille et de la lui apporter en venant à la visite.

     Donc toujours pas de service à fournir. Néanmoins à midi, je vais prendre la garde, volontairement, une demi-heure afin de permettre au poilu qui y est en ce moment, d'aller manger tranquillement. Le temps est superbe, il fait un beau soleil au milieu d'un ciel bleu. Nous voyons les taubes évoluer au-dessus de nous et les oiseaux gazouillent... !

     Les oiseaux, parfaitement ! Indifférents aux coups de canon qui tapent de temps en temps, ils sortent du bois et viennent se poser sur les branches déchiquetées des arbres, placés entre les lignes...

     Le lendemain, je retourne à la visite, muni de mon urine. Je me demande ce qu'il en résultera. Je me vois déjà empli d'albumine et filant à l'hôpital ! Mais je ne connaîtrai le résultat de l'analyse que demain matin. Ainsi donc c'est une habitude prise d'aller voir le toubib tous les matins, et grâce à cette question d'urine, il faudra que j'y retourne demain matin, même si je n'en avais pas eu l'intention...

     Ma journée se passer dans la confection d'un briquet. Le soir, nous apprenons que le 267e régiment d'infanterie est dissous et que nous en recevons un renfort qui arrive d'ailleurs avec la soupe. La compagnie se reforme alors à quatre sections, puisqu'il y a maintenant suffisamment de poilus pour le faire. Quant à moi, je reste à la troisième. Il est vrai que pour ce que je fais, être là ou ailleurs, peu importe. Enfin, je conserve mon coin.

     Nous avons maintenant pour nous commander l'adjudant Bénard, les sergents Rémy et Gonnord, le caporal Garnier, cousin du précédent et un nouveau caporal venu du 267. Voici donc la section au complet.

     De plus, nous avons un nouveau commandant de compagnie : le lieutenant Troutot.


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