home
Enfin, sitôt les consignes passées, nous filons au grand trot vers l'arrière. Nous suivons le boyau des Italiens un bon bout de chemin, jusque dans le bois, puis nous le quittons en montant sur le parapet par un petit escalier de quatre ou cinq marches. En peu de temps, nous arrivons aux cagnas que nous devons occuper.
Je m'installe dans une petit guitoune où il y a six lits. Nous ne sommes que trois, mais ça ne fait rien nous serons plus tranquilles. Nous bouchons l'entrée et nous examinons le trou où nous sommes... Il y a une cheminée, ce qui est très chic, nous pourrons faire du feu... Si ça ne fait pas trop de fumée. Enfin de ça, on s'arrangera toujours.
Nous sommes en plein dans le bois, et ces grands arbres nous servent de camouflage, mais d'un autre coté, nous ne somme qu'à huit cent mètres des premières lignes.
Quand à la couverture de la cagna, il ne faudrait pas qu'il tombe une fusée éclairante dessus : elle serait traversée ! Mais ça, importe peu : le secteur est calme.
Nous entendons dans la nuit passer les taubes qui vont bombarder l'arrière, mais nous respectent, nous.
Au jour, je vais voir le toubib qui me rend compte qu'il n'y avait rien dans mon urine. Il m'ausculte, me palpe, puis veut m'envoyer à l'arrière au train de combat, mais réfléchissant que nous sommes en réserve et après m'avoir demandé si je suis bien dans ma cagna, il me colle trois jours exempt de service, couché.
Rien que ça de luxe : trois jours à faire ce qu'il me plait, rester couché, tant que je voudrais ! Quel bonheur !
En rentrant de la visite, je vois Péters qui revient de permission. Il a été chez mes parents qui lui ont remis un colis de tabac pour moi. Il a été déjeuner chez nous, et parait avoir été heureux de sa visite. De cette manière, j'ai des nouvelles encore plus fraîches que par lettre.
...Pendant quelques jours, je continue à aller voir le major. A la fin de mes trois jours, il m'en a redonné deux autres de même nature : c'est le bon fricot !
Le lendemain matin, je vais à la visite du Médecin-chef qui me prescrit les mêmes soins que le toubib et me maintient exempt de service.
|