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Le soir, à la tombée de la nuit, un sergent me demande si je veux aller pour la section, chercher les poilus du 48, qui doivent nous relever.
Il m'explique que tout le monde est occupé, que ça évitera à un poilu fatigué la peine d'y aller...
Enfin, je me rends à ses bonnes raisons, malgré que, étant exempt de service je sois libre de ne rien faire... Je file avec trois autres poilus, mais pour le retour, ça ne va pas tout seul, on a un chiendent infini à retrouver son chemin. Il fait une nuit très obscure... Nous y arrivons néanmoins. Les gradés passent les consignes, ce qui est vite fait, et nous voilà partis...
Nous arrivons à Rattentout au milieu de la nuit et nous y reposons jusqu'au matin.
Le jeudi, 11 octobre, à huit heures du matin, nous embarquons dans les camions qui roulent tranquillement vers l'arrière. Vers treize heures, ils s'arrêtent; on nous fait descendre et monter ensuite dans des autobus (genre Mavieille-Pastille, comme dit un poilu).
A six heures, nous débarquons à l'entrée de Taillancourt-Montbras, le pays où nous devons loger... En attendant les fourriers qui sont partis reconnaître et préparer le cantonnement, nous formons les faisceaux dans un champ, en dehors de la route.
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