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Enfin, au bout d'une heure, l'adjudant Jayet, nous avertit que notre demi-section est désignée pour le déménagement. En mois de cinq minutes, nous rassembles nos hardes et nous fichons le camp, au milieu des exclamations de mécontentement des poilus de l'autre demi-section : "Ah ! On les voit, les chéris ! - Ce sont toujours les mêmes qui ont les bons filons ! - Ils savent se démerder, ceux-là !"
Enfin, un tas de réflexions aussi gentilles, les unes que les autres... Mais nous nous en foutons comme de notre première baïonnette, et heureux comme des rois, mieux même que des rois, nous allongeons le pas... Nous arrivons rapidement au nouveau logement. Je crois que nous serons très bien. Ce sont des sapes d'artilleurs environnant un emplacement de batterie. Lorsque les pièces étaient là, au bout de peu de temps elles avaient été repérées et les hommes, obligés de ficher le camp. Depuis que la position est abandonnée, le coin est tranquille.
Les boches bombardent simplement Cottenchy et Dommartin. Dans le fond de la vallée, coule un ruisseau : l'Avre. En face de nous, sur l'autre pente, et de l'autre coté du ruisseau : Cottenchy. A gauche, à deux kilomètres de ce pays, et à cheval sur le ruisseau : Dommartin.
De temps en temps, les obus passent au-dessus de nos têtes et s'abattent sur ou à coté des pays.
Nous passons la journée du 27 mai, dans une délicieuse tranquillité... Il fait un temps magnifique... et, comme au-dessus de nous, sur la crête, un avion français se trouve abattu là, nous allons, Dubois et moi, l'examiner.

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