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     Le lendemain à huit heures je suis de garde. Le poste de police se trouve dans une maison dont le grenier est semblable à celui de Taillancourt.

     On prend la garde pendant vingt-quatre heures, et le lendemain matin, 17 octobre, on est relevés à huit heures. L'après-midi, nous allons à l'exercice. Je marche avec les grenadiers. Nous montons sur le plateau, au-dessus du pays et nous formons des jeux, qui nous font passer l'après-midi assez rapidement...

     Je reçois le lendemain des nouvelles de Paris, de Péters. Je ne le reverrais pas car il a rejoint directement, la 27e compagnie au grand dépôt, à Saint-Brieuc, afin de partir dans le midi, passer l'hiver...

     Et en lisant cette lettre, je ne puis m'empêcher de songer que ça va être le quatrième hiver que nous sommes en guerre, et que ça fait rudement longtemps, surtout pour ceux qui y sont depuis le 3 août 1914... Enfin, en moi-même j'espère que ce sera le dernier et que, dans un sens ou dans un autre nous aurons une décision...

     ...Je ne suis d'ailleurs pas le seul de cet avis, c'est celui de tous les poilus du front. A l'arrière, on s'en fout... on en a pris l'habitude ! Chaque matin ils voient le communiqué, le commentent par des : ça marche, ou des : ça ne va pas, mais ils ne se rendent pas compte, les civils, ce que ces simples mots cachent de misères, de souffrances, de morts et de blessés...

     Seuls, ceux qui ont entendu siffler les balles et les 88, par-devant, les 75 par-derrière, les gros en haut... ceux-là seuls, pourraient le dire, mais ils sont soldats et n'ont que le droit de se taire... !

Canon français de 75


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