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     Le lendemain matin, une heure de marche et nous arrivons à Gannes.

     La maison que nous habitons, est occupée par une vieille femme et ses deux petits-fils. Les anglais, en battant en retraite, ont pillé les meubles et vidé les armoires, malgré la présence de ces trois personnes.

     D'ailleurs, dans le pays, nous trouvons des traces du passage des Anglais : des vêtements, des armes, des munitions traînent ça et là. Il y a même sur le bord de la route, un camion de munitions d'artillerie, abandonné là : des obus tout chargés et prêts à partir le garnissent; ce n'est plus une retraite, c'est une débandade !
     Heureusement que les Français sont venus !

     ...Nous y restons deux jours que nous passons à faire l'exercice, en piétinant les récoltes, en foulant indifféremment le blé, l'avoine, le seigle, etc... Les paysans doivent nous bénir. Quant à nous nous n'avons rien à dire : c'est l'ordre du lieutenant-colonel Lequeux, commandant le 155e régiment d'infanterie; une belle figure d'abruti, soit dit en passant...

     Le 19 avril, à quatre heures trente, réveil en sursaut. Nous repartons pour aller à Lavarde-Mauger, distant d'une vingtaine de kilomètres, environ. Nous y arrivons vers deux heures du soir.

     ...En cours de route, nous avons traversé les villages de Bacouel, Breteuil et Paillard... A la sortie de ce dernier pays, nous faisons la grand'halte... De l'autre coté de la route, s'alignent une dizaine de tombes fraîches, commencement d'un cimetière que l'on fait pour les morts de l'hôpital installé à Paillard.

     ...En attendant la roulante, nous allons voir les inscriptions et j'ai la surprise de trouver un nom connu, sur la deuxième croix de bois : Faille André. C'est un petit gars de la classe 1917, que j'ai eu avec moi au 164 et au bataillon de marche du 155 à Baudricourt. Je savais qu'il était au 355, mais je ne m'attendais pas à le trouver sous ce tumulus...

     ...Cela m'a causé une surprise douloureuse, mais l'insouciance faisant le fond de mon caractère, ça ne m'a pas empêché de manger ma soupe avec appétit, dès l'arrivée des bouzines.

     ...Nous restons quelques jours à Lavarde-Mauger, occupés à travailler au nettoyage des routes, des bêtises destinées à nous faire passer le temps.

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