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     Le lundi matin, à sept heures, le sergent de semaine, en venant pour l'appel, nous réclame tous deux, en demandant si nous étions rentrés.

     Sur notre réponse affirmative, il nous dit d'aller trouver le capitaine Larrière, à huit heures.
Nous comprimes de suite, que nous étions pris. Ma foi, nous en primes notre parti, et décidâmes de dire la vérité au capitaine.

     A l'heure dite, nous nous présentions à son bureau :
     "Ah ! Vous voilà, vous ! Où étiez-vous hier ?"

     Comme il avait l'air de s'adresser à moi plus particulièrement, je pris la parole :
     "A Paris, mon capitaine !
- Ce n'est pas vrai !!"

     Ma foi, cette réponse me fit sauter, d'abord parce qu'il mettait ma parole en doute, et ensuite parce que je ne voyais du tout où nous aurions pu aller ailleurs qu'à Paris, dans notre famille :
     "Je vous demande pardon, mon capitaine, nous sommes allés chez nos parents, à Paris.
- Ce n'est pas vrai, ne mentez pas. Où êtes-vous allés ?
- Mais à Paris, mon capitaine !"

     Nous n'avions même pas eu le temps de voir les camarades avant de venir le trouver et nous ne savions absolument rien de ce qui s'était passé la veille. Aussi étions-nous bien étonnés de ses réflexions.

     Mais une idée me vint : en rentrant, le matin, à la gare de Lizy, comme il n'y avait personne, nous ne rendions pas nos billets, et le samedi soir, puisque nous sautions le pont, nous n'avions pas la peine de les donner non plus. Quand à moi, je ne les avais pas encore jetés, et je les avais dans mon porte-monnaie, que je sortis :
     "Tenez, mon capitaine, je peux vous prouver que nous sommes bien allés à Paris, c'est que j'ai encore mes billets et je peux vous les montrer : les voici. Comme ils sont datés, vous pouvez voir qu'ils sont bien d'hier !"


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