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     J'y passe neuf jours, dans la plus parfaite tranquillité, et le 26, je retourne à Verdun, car je suis prêt à avoir mon deuxième tour de permission.

     Je pars en effet, le 28 mai, et je reste dans ma famille, pendant vingt bonnes journées, jusqu'au 19 juin.

     Je quitte mes parents avec l'espoir que cette permission est la dernière de mon service militaire.

     ...A partir de cette date, les journées s'écoulent monotones, juste marquées par quelques incidents de quartier, notamment quelques-uns suscités par des prisonniers russes que la compagnie avait à garder... Parmi eux se trouvent quelques pirates qui nous causent des ennuis, surtout un nommé Souslaparof, qu'il faut arrêter, revolver au poing; mais on les met rapidement à la raison.

     D'ailleurs, le 7 août, nous sommes relevés, comme troupes de garnison à Verdun, par le 132e, car nous rentrons à notre dépôt de Commercy.

     Je fais à ce moment fonction de sergent-fourrier, et ne vais pas tarder à faire celle de sergent-major, car la démobilisation bat son plein, et les poilus, les ex-camarades de combat, fichent tous leur camp, les uns après les autres...

     ...Un jour viendra... comme dit la réclame !... Je ne m'en fais pas. Je compte les jours tranquillement, et vois le moment libérateur approcher !...

     Je partage mon temps entre le travail du bureau, la pause, les bains dans la Meuse et la promenade...

     Vers la fin août, je me trouve être le grand manitou à la compagnie. Je reste seul, comme sous-officier; il n'y a presque plus de poilus et le lieutenant Tomasi, l'actuel commandant de compagnie, me répond, quand je lui demande quelque chose :

     "Mon vieux, je m'en fous ! C'est du quatre ou du cinq demain matin !"

     Mais je me suis rendu compte d'une combinaison que je vais mettre à profit... Le troisième tour de permission est commencé depuis le 1er août. Vingt poilus sont partis de suite, et on doit en envoyer au fur et à mesure des rentrées.

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