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- A moi, mon capitaine. - C'est vous qui êtes allé chercher le lard ! - Mais non, mon capitaine. Je vous dis que nous n'avons pas acheté de lard. D'ailleurs, nous n'avons pas acheté d'oeufs depuis dix ou douze jours. Qu'aurions-nous fait du lard ? - Vous savez bien ce que je veux dire ! N'allez pas chercher des détours, et avouez tout, de suite, ça vaudrait beaucoup mieux. D'ailleurs, avec votre tête peu sympathique, vous êtes parfaitement capable d'avoir fait ce dont je vous soupçonne !"
Là, je fus d'autant plus assis, que je ne m'y attendais pas ... ! "Mon capitaine, je vous répète que je suis allé à Paris et si, même vous voulez que je vous dise qui j'y ai vu, et l'adresse des personnes que j'ai rencontrées, vous pourrez leur écrire ! - On ne vous en demande pas si long, et, de plus, tâchez d'être poli ... ! - Avec ça, que vous l'êtes ! murmurais-je entre mes dents. - Qu'avez-vous à ronchonner comme ça ? Cela ne vous plait peut-être pas ! - Non, pas plus que ça, lui répondis-je carrément, car il commençait à m'agacer singulièrement. - On ne fait pas de bêtises, quand on ne veut pas les payer !"
Là-dessus, il nous fit mettre à la tôle. C'était une misérable cabane, percée de partout.
Apercevant un copain, nous l'appelâmes ! "Qu'est-ce qu'il a donc le capitaine, ce matin ? lui demandons-nous. - C'est cette histoire de vol de poules, à la bonne femme à côté, et c'est vous qui êtes accusés. - Hein ? Raconte-nous ça. - Eh bien, voilà, hier, la bonne gemme a porté plainte qu'on lui avait volé cinq ou six poules. Alors la section a été consignée, et on a fait l'appel de suite. Naturellement, vous n'étiez pas là. Il y a eu trois appels dans la journée, et un contre-appel, la nuit. Vous n'étiez pas là. Le capitaine croit donc que c'est vous qui avez pris les poules !"
Ainsi donc tout s'expliquait ! Et ses questions baroques, et son air soupçonneux !
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