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Mais, vers le 24 août, j'envoie quelques titres à la signature du colon, accompagnés d'un papillon : "En remplacement de X, maintenu en dépôt démobilisateur."
Je suis dans les trente premiers. A force de faire ce petit truc-là, mon tour approche rapidement, et, le 1er septembre, j'ai la joie... l'immense bonheur, de compter du zéro, et de pouvoir, le soir même, au moment de prendre mon train pour Paris, payer une bouteille de vin mousseux aux deux sous-officiers de la première compagnie de mitrailleuses avec qui j'ai fait papote jusqu'à ce jour !...
...C'est la dernière fois que je franchis la grille de la caserne Oudinot... C'est la dernière fois que je vois le poste de police !... C'est la dernière fois que je vois la sentinelle et sa guérite !...
Quel soupir de soulagement je pousse au moment où je monte dans le train !...
J'ai encore vingt-cinq jours à attendre ma démobilisation, mais vingt-cinq jours dans sa famille, ce n'est rien... que le commencement du bonheur !...
Je profite de ma dernière permission militaire pour m'offrir un petit voyage de huit jours dans le midi, et je reviens, à temps, le 24 septembre, pour me présenter au fort de Rosny-sous-Bois, au quatrième zouaves, dont le bureau démobilisateur va me désarmer...
...Je ne peux pas passer, le jour même. J'y retourne le lendemain matin, vendredi 25 septembre, à huit heures...
...Je passe devant une quinzaine de scribouillards... pauvres bleus !... Je donne une douzaine de signatures... On me remet, petit à petit, des papiers, que j'échange, les uns après les autres, contre de l'argent comptant...
...Je passe, en dernier, au magasin d'habillement où contre ma défroque militaire on me remet l'uniforme Abrami, à cinquante-deux francs... et, à onze heures, je franchis, citoyen libre, la grille du fort de Rosny...
...Je suis, maintenant, civil et n'appartient plus à l'armée qu'au titre de la réserve !
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