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     Pourtant, en allant chercher mon bonnet de police dans ma musette, il avait dû y trouver du pâté, du boudin, enfin diverses chose que j'avais rapportées de Paris, et les papiers les enveloppant, portaient la marque de Potin.

     Par la fenêtre, nous vîmes défiler, un par un, tous les poilus de la section.

     Décidément, c'était bien une enquête, et serrée. Nous sûmes plus tard, qu'il leur avait demandé des renseignements sur notre compte. J'attendais un prochain interrogatoire, afin de lui dire ma façon de penser et sans prendre de gants.

     Mais ce devait être tout. Il nous annonça que nous avions huit jours de prison pour absence illégale de 24 heures, et ce fut tout.

     En sortant de la tôle, nous regagnions le même cantonnement que précédemment.

     Pour aller aux feuillées, il fallait passer devant la porte de l'écurie de la bonne femme. Celle-ci s'y trouvait justement comme je passais. En me voyant, elle sortit précipitamment, et m'apostropha :
     "Comment, vous êtes déjà sorti de prison ! Espèce de voleur ! On aurait bien du vous y garder ! Je vous ai vu étrangler mes poules !"

     Du coup, la colère m'empoigna, d'autant plus qu'à côté, il y avait des poilus sur le pas de la porte de leur cantonnement et cette scène les amusait, surtout, dès l'instant que j'étais en cause, moi, un engagé, un vendu ! Je m'approchais de la femme, et lui mettant les mains sur les épaules, je la regardais bien dans le blanc des yeux :
     "Je vous avertis, Madame, que si vous avez le malheur de répéter, seulement une fois, ce que vous venez de dire, je ne regarderais pas si vous êtes une femme, je commencerais par vous allonger une raclée, et ensuite nous irons voir qui de droit, tous les deux. A bon entendeur, salut, et tenez-vous bien pour prévenue ... !"

     Sur ce, je la lâchais. Elle rentra dans son écurie, et je paris aux feuillées.

     Une demi-heure plus tard, je vis l'aspirant, notre chef de section, qui logeait chez elle :
     "Pardon, mon aspirant, la femme chez qui vous logez vient de m'insulter publiquement et à tort. Je l'ai prévenue charitablement, que si elle recommençait, je lui flanquerais une tripotée. Néanmoins, je vous serais reconnaissant, de bien vouloir lui dire d'avoir à cesser ses tracasseries, sinon je me plaindrais."

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