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Chapitre deuxième.

Les centres d'instruction.


     Le lendemain matin, 15 février, à six heures et demie, le clairon sonnait le réveil, dans les rues de Wassy. Nous nous levâmes tranquillement, et nous descendîmes avec notre fusil et notre équipement, sans oublier notre quart, car la section se rassemblait devant la maison où nous mangions la soupe, après avoir pris le jus, qui était apporté dans cette maison. A partir de ce jour, nous primes le fusil pour tous les exercices, car nous commencions à apprendre les premiers mouvements avec l'arme.

     L'exercice du matin comprenait une heure d'exercice avec l'arme et une heure de gymnastique, jeux et course.

     L'après-midi, marche ou exercice au loin, tandis que le matin, nous restions dans la promenade de Wassy.

     Au point de vue rapports avec les habitants, nous étions très bien vus, surtout ceux du 164. Nous étions les premières troupes cantonnées dans le pays, et de plus de jeunes soldats, car la classe dix-sept fut, de toute la guerre, celle qui fut appelée le plus tôt. De plus, nous étions propres, toujours astiqués, brossés et cirés.
     C'était un ordre, tandis qu'au contraire, la classe 17 du 166, qui était là avec nous, n'était pas du tout astiquée, et habillée d'une manière beaucoup plus disparate que nous. Ils étaient peut-être aussi propres, mais ça se voyait moins. Par contre, à l'exercice, la différence était sensible. Notre manoeuvre était beaucoup mieux réussie et plus nerveuse. En un mot, on avait un chic d'ensemble, surtout, qu'ils n'avaient pas.

     Toutes les journées, ce fut pareil : exercice le matin, et l'après-midi.

     Le soir, après la soupe, nous rentrions chez notre hôtesse, et, chaque soir, c'était la répétition de la veille : causerie, jeux, tabac, thé et gaufrettes.

     Cette existence dura plusieurs jours.

     Le lundi, suivant notre arrivée, c'est-à-dire, le 21 février, nous fûmes vaccinés pour la seconde fois. Mais je ne sais pas d'où cela vint, le major me fit bien plus mal que la première fois. Comme nous avions 24 heures de repos d'office, sur la proposition que m'avait faite mon hôtesse, je demandais au sergent l'autorisation de ne venir que le lendemain, que pour la soupe, autorisation qui me fut accordée. Je me sentais de la fièvre. Le sérum travaillait. Le soir même, je ne pouvais plus remuer le bras gauche, tellement l'épaule me faisait mal. J'eus un mal de galérien, à retirer ma veste, mais j'y réussis néanmoins, et je me couchais avec plaisir, car la fièvre me tourmentait. J'avais le lit pour moi seul, mon camarade étant parti coucher ailleurs. Je ne l'avais pas regretté, car cela me faisait plus de place.

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