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Chapitre deuxième.

Le feu. La blessure.


     Je fus conduit avec mes camarades, par le fourrier de la 21, au-dessus de Septmonts, dans une grande ferme que la compagnie occupait en commun avec la sixième compagnie de mitrailleuses.

     Je fis alors connaissance avec les Anciens de la quatrième escouade de la première section, dont le chef était le sous-lieutenant Noël. Le commandant de la compagnie était le capitaine Flamand.

     Le lendemain même de notre arrivée, nous étions poissés pour une fichue corvée : dégradation militaire de trois poilus de la division, qui avaient déserté quelque temps auparavant.

     Je dois avouer que cela me fit quelque chose. C'était la première fois que je voyais pareille exécution.

     Nous restons six jours à Septmonts, à faire un petit exercice, ô bien doux, ma foi, par rapport à celui que nous étions accoutumés à faire jusqu'alors. Il est vrai que jusqu'à ce moment on n'avait jamais approché de si près de la ligne de feu.

     L'après-midi du 6, se passa au montage des sacs, car nous devions déménager le soir même. Une attaque est imminente, parait-il, et nous devons approcher afin d'en prendre notre part.

     Une petite marche de nuit et nous arrivons à Brenelle, petit pays des environs de Soissons, vers les deux heures du matin.

     A ce moment, j'ai un bel exemple d'insouciance, ou plus exactement d'imprudence de soldat.

     Un poilu, en arrivant dans le pays veut fumer sa pipe. Au lieu de se cacher, il allume son briquet, au beau milieu de la route. Cris, hurlements :
     "T'es fou ! Tu vas nous faire repérer !!"


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