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Chapitre deuxième.
Dans l'Oise.
Le 9 juin, vers trois heures du matin, tout le monde repose tranquillement, lorsque Chièze, l'agent de liaison arrive : "Alerte ! Tout le monde debout !"
Nous nous levons, buvons notre jus et attendons. A dix heures, nous montons nos sacs et formons les faisceaux de manière à être prêts à partir au premier signal. Mais ça fait le coup de Lavarde-Mauger le 24 avril.
Nous attendons comme soeur Anne et ne voyons rien venir. Enfin de guerre lasse, le soir nous nous couchons tranquillement. Le lendemain matin, rassemblement, comme d'ordinaire pour l'exercice. Nous allons à la sortie, reconnaître des emplacements de combat. Cela sent mauvais ! Et, comme dit un poilu, du moment qu'on nous fait prendre ces précautions, nous allons partir !
Il fait un temps horrible... Cela ne rate pas ! A neuf heures on vient nous chercher, ordre est donné de rentrer. Nous montons nos sacs. Que se passe-t-il du coté du Front ? Nous n'en savons rien car nous n'avons pas les journaux. Nous sommes moins bien renseignés que les gens de l'arrière !
Dans la journée, rien de nouveau. Mais, vers dix-huit heures, on entend un bruit bien connu : celui des moteurs d'autos, une foule de camions nous passent devant le nez, et vont s'arrêter à la sortie du pays. "Sac au dos ! En avant marche !"
On nous entasse à raison de seize par camion. Lorsque tout le monde est paré, zou ! En route !
Jusqu'à vingt-trois heures passées, nous roulons ainsi. Puis, nous nous arrêtons sur la route, non loin d'un pays que l'on distingue à un kilomètre environ. Il y a là un mouvement de troupes, phénoménal ! Nous voyons les poilus du 287 et du 154. Toute la division est donc réunie ici. Des tanks sortent du pays, et s'en vont tranquillement par un petit chemin, dans la direction des éclairs d'artillerie qui nous signalent les lignes.
Nous avons formé les faisceaux, dans un champ, en dehors de la route et attendons... Au bout d'une grande heure, les fourriers reviennent et nous fichons le camp. Ils nous indiquent nos emplacements pour la nuit.
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