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     ...Nous venions de finir notre trou, lorsqu'un coup de revolver claque... Je regarde... Dubois est affalé, blanc comme un linge, sur le parapet de son trou... Je me précipite... Il vient de se tirer, involontairement, une balle dans le pied...

     En nettoyant son pistolet, il avait laissé une balle dans le canon et en appuyant sur la détente, le coup est parti. On lui enlève sa chaussure et sa chaussette, on lui fait un pansement et le voilà parti. Le poste de secours est tout près d'ici. Il y va et ne tarde pas à monter en auto, pour filer à l'arrière... Allons, encore un qui sera mieux qu'ici !...

     Le sergent vient me trouver et m'annoncer que je passe tireur à la place de Dubois, avec Blin comme deuxième pourvoyeur, et Jay, de la classe 18, comme premier pourvoyeur. Avec Blin, ça va, mais en Jay, je n'ai guère confiance. Enfin, ça n'a pas d'importance, à nous deux, nous sommes assez...

Mitrailleuse française


     ...Nous apprenons aujourd'hui, une nouvelle qui fait plaisir à tout le monde : la nomination du lieutenant Troutot au grade de capitaine. Nous en sommes bien contents car c'est un chic type, bon et brave...

     ...J'étais bien installé, l'après-midi, dans mon trou, quand, vlan ! l'ordre arrive de changer de place : ce n'est pas pour aller bien loin, à cinq cent mètres, à peine, de là, mais enfin, il faut quitter la place. Je prends mes planches, que j'ai eu tant de mal à trouver et en route !

     Là où nous allons, de l'autre coté du ravin, il y a bien des trous, mais ce sont des vulgaires trous de tirailleurs, creusés pendant l'attaque, le 11, par des poilus, pendant leur avance.

     Au petit jour, un copain m'annonce que les boches ont bombardé pendant la nuit, mais je dormais tellement que je ne les ai pas entendus. Mais il y a une preuve : il y a un 105 qui s'est enfoncé en terre, sans éclater, à cinquante centimètres du trou d'un sergent. Sitôt le jour venu, aidé de Biet et munis de bons outils, nous nous faisons une cagna pépère : un mètre cinquante de profondeur, deux mètres de coté, cinq ou six marches pour y descendre, et, en bas de l'escalier, un puisard recouvert de deux ou trois planchettes, et, enfin deux mètres de terre par là-dessus. Nous ne craignons pas sinon les obus, du moins les éclats.

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