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     Toute la nuit, les boches, connaissant nos positions, ne cessèrent de bombarder les environs de la tranchée. La cagna, construite avec des troncs d'arbre, tremblait. Ah ! Il était joli, mon baptême, mitraillé le jour, canonné la nuit, mais ça allait déjà mieux.

     Jusqu'à présent, je n'avais pas fait grand chose comme agent de liaison, mais ça allait venir.

     A l'appel, nous vîmes ce qu'il restait. Nous étions montés cent quarante. Nous restions soixante-cinq. Il en manquait donc soixante-cinq : tués, blessés ou disparus. Je restais seul comme agent de liaison. Le lendemain, je devais m'apercevoir que ce n'était pas toujours drôle. J'avais passé la nuit à bavarder avec un sergent : ex-maréchal-des-logis de spahis, passé au 355 sur sa demande, et neveu du chef de bataillon. Il s'appelait Moussard.

     Le lendemain matin, à cinq heures, on repartait. Mais cette fois c'était plus calme. Les boches avaient du évacuer leur première ligne dans la nuit. Nous l'occupâmes. Dans cette tranchée, étaient couchés de nombreux cadavres français et boches qui attestaient de la violence de la lutte, si courte, pourtant. Il fallait trouver un P.C. pour le capitaine. Avisant une sape, j'y descendis avec des copains. Le fond était plein d'eau, mais ayant trouvé deux seaux, un grand et un petit, nous entreprîmes de l'assécher. Un camarade était dans le fond et remplissait les seaux. Moi, je faisais l'aller et le retour, pour vider l'eau par-dessus le parapet.

Cadavres boches


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