Login  |  MeToo  |  Wax  |  14-18  |  Photos  |  Comics  |  Games  |  Term  |  Rally  |  Users    
home

     Dans la soirée, un orage épouvantable éclate. Les trous des copains sont remplis d'au moins trente centimètres d'eau, en un rien de temps. Comme nous pouvons tenir trois dans notre cagna, nous recueillons Noël un bon copain, qui partagera notre habitation avec nous.

     Nous sommes un peu serrés. Mais après avoir été un peu travailler dans la nuit, nous élargissons notre trou avec notre pelle-pioche.

     Malheureusement, dans la journée, grande déception : nous n'aurons pas le plaisir de profiter de notre installation, car nous montons en ligne, ce soir.

     La compagnie est réserve de bataillon. Nous nous installons dans une tranchée. Mais nous n'avons plus le courage de refaire une installation : nous avons subi trop de déceptions depuis deux jours. Aussi nous contentons-nous de placer une tôle ondulée, avec un peu d'herbe dessus, pour nous servir de camouflage et voilà le P.C. du fusil-mitrailleur installé !

     Dans la nuit, nous allons travailler : corvée de fil de fer barbelé... Le lendemain soi, nous devons aller au boulot : commencer une tranchée de repli, derrière la tranchée de première ligne, qui passe à hauteur de Belloy. Mais ça ne va pas tout seul.

     Le matin, au petit jour, les boches se sont emparés par surprise, d'un bout de tranchée, dans lequel était installé un de nos petits postes, et, tandis que nous travaillons, la section franche s'occupe de le reprendre. Les boches ripostent et quelques 88, viennent nous cracher à la figure.

     En repartant pour regagner notre position, ça fait la même chose. Nous suivons un petit chemin qui mène à Merry et que les Fritz ont repéré. Aussi, en passant, sommes-nous obligés de piquer un petit pas gymnastique. Les éclats, rouges, tellement ils sont chauds, nous rasent le nez. Mais enfin, nous faisons vite et passons sans mal.
Au jour, nous apprenons que le coup a réussi, et qu'il y a deux feldwebels et une dizaine d'hommes faits aux pattes.

     Dans la nuit du 23 au 24, nous redéménageons pour aller dans une sorte de grand fossé, derrière le château de Belloy. Il y a là des cagnas toutes prêtes. Donc pas de travail !

     La nuit suivante, nous filons au boulot : comme je suis tireur de F.M. je n'emporte pas d'outils, car, au lieu de travailler, je vais en avant, installer mon tacot, afin de protéger les travailleurs, en cas d'alerte.

page précédente
page 11
page suivante