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     Dans la matinée, je vais avec Bier, à la coopérative, acheter quelques oeufs.

     Nous avons ramassé du bois très sec, afin de ne pas faire de fumée, quand bing ! bing ! bing !... les obus arrivent dans notre trou ! Les éclats sifflent dur !

     Je suis alors placé dans cette alternative : ou laisser mes oeufs brûler ou risquer un éclat quelque part... Bah ! tant pis, je penche du coté de la deuxième alternative : tout plutôt que laisser perdre mes oeufs !

     Aussi, je fais tranquillement cuire mes oeufs au bruit du tam-tam, puis sitôt ma tambouille achevée, je la mets à l'abri, ainsi que ma petite personne... Dès que la rafale est achevée, nous nous envoyons, Biet et moi, le plus tranquillement du monde, nos huit oeufs !...

     Dans la nuit du 28 au 29, déménagement. Nous allons en réserve de division, le long de la voie ferrée, un peu à gauche de Ménévillers... J'allais m'installer dans un trou avec mes pourvoyeurs, lorsqu'on nous annonce que les F.M. s'en vont à sept ou huit cents mètres, en avant dans une tranchée.

     Nous y voilà partis. Ma foi, nous y serons très bien. Pas de gradés avec nous ! La tranchée est au milieu des blés, et par conséquent elle ne doit pas être repérée. Tout est pour le mieux !

     Dans la nuit, les poilus de la compagnie vont au travail et nous, nous restons tranquillement à notre poste : pour une fois, nous avons le filon !

     ...Jusqu'au 3 juillet, le temps passe ainsi tranquillement, sans s'en faire... Nous admirons les saucisses françaises qui descendent à une moyenne de une tous les jours; nous allons dans les jardins de Ménévillers chercher des légumes avec lesquels nous faisons de bonne soupe. Nous nous rendons visite de P.C. à P.C., car chaque équipe est distante de cent mètres environ, l'une de l'autre...

     Dans la nuit du 3 au 4 juillet, nous partons à Beaupuits, en réserve de corps d'armée. Ici, c'est plus dur, car nous allons travailler du côté de Vacquemoulin et il y a bien six kilomètres à faire, pour y arriver... Nous passons ainsi une partie de la nuit et dans la journée, repos...

     Dans le jardin de la maison où nous sommes, il y a de très belles pommes terre nouvelles. A chaque repas, j'en arrache quelques-unes et les mets à frire dans du beurre... Cela allonge le menu !...

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