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Nous travaillons encore pendant deux nuits, puis repos dans la nuit du 20 au 21. Car nous devons aller reprendre position en première ligne, et il s'agit d'être d'attaque ! Mais cette fois, ce sont les deuxième et quatrième sections qui iront aux petits postes. Nous, nous restons en première ligne : une tranchée crayeuse, dans laquelle en moins de rien, nous sommes devenus tout blancs !
...Il y a deux jours que nous sommes là, lorsqu'on nous alerte. Parait-il que les boches doivent faire un coup de main, suivant une communication téléphonique, interceptée par les nôtres.
La section franche monte en ligne, faire la chaîne entre les petits postes... En même temps nous apprenons un autre tuyau : c'est que la compagnie reste six jours en ligne, au lieu de quatre. Pourquoi ? Nous n'en savons rien, mais tels sont les ordres, ne cherchons pas à les comprendre !... Malgré l'alerte, la nuit se passe calme... Dans la nuit suivante, la franche monte encore, mais rien ne se produit.
Nouvelle : comme il y a six jours à tirer, nous irons, ce soir, relever la quatrième section aux petits postes. Nous comprenons bien pourquoi : le lieutenant qui la commande s'est démerdé, et, comme nous n'avons qu'un adjudant, nous n'avons rien à dire !
A dix heures, nous démarrons et descendons au même petit poste que la fois précédente... Comme je suis de ravitaillement, je file aussitôt. Je croyais en chemin rencontrer les poilus de la section franche, mais comme ça fait deux jours qu'ils se dérangent pour rien, les cuistots nous disent qu'ils ne monteront pas ce soir, pensant que les boches ont abandonné leur idée.
Dès que la distribution est achevée, nous nous en retournons. En arrivant, on nous dit de ne pas faire de bruit, car il a été entendu des bruits suspects dans le ravin.
Le petit poste est commandé par deux sergents : Brisse et Ronteix, et par un caporal, Després, mon fameux cabot du 164. Comme poilus, nous sommes trois de l'équipe de F.M. et cinq ou six grenadiers... Nous mangeons la soupe en vitesse et silencieusement...
...Puis nous écoutons... J'ai préparé soigneusement mon tacot, avec des chargeurs à portée de la main...
...Le trou est aux trois quarts recouvert avec du gros camouflage d'artillerie : c'est gênant et ça nous supprime de la place... Il n'y a pas une demi-heure que le rata est mangé, qu'un violent tir de barrage se déclenche derrière nous, nous coupant la retraite vers la première ligne...
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