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"Redescendez occuper les petits postes !" Nous nous préparons en ligne et commençons notre mouvement... PEndant la pause, là-haut, j'ai flanqué mon chargeur en l'air et j'en ai pris un autre. Je suppose que, maintenant mon tacot marchera.
Garnier, le cabot descend à coté de moi. Cette fois, j'ai mieux pris mes précautions. J'ai placé mon revolver tout chargé et armé, dans la poche de ma capote. Ainsi, en cas de surprise, je suis paré : s'ils m'ont, ce ne sera pas sans mal !...
Nous sommes dix, en groupe, en partant. Mais chemin faisant, les poilus se dispersent et, lorsque nous approchons du but, nous ne sommes plus que deux : Garnier et moi...
En arrivant, nous constatons que les boches se sont montrés "gentleman" et n'ont pas trop esquinté notre trou. Néanmoins, il y a un trou dans le camouflage. Probablement un boche qui est passé en travers. Mais ils ont respecté nos bidons et nos bouteillons. C'est parfait !...
Nous rétablissons l'ordre là-dedans. Pendant ce temps, les autres poilus arrivent.
Une patrouille passe, venue de la première section. Roux, le sergent nous apprend qu'ils ont trouvé le corps de Blin. Le malheureux a été tué d'un éclat d'obus qui lui a traversé la poitrine de part en part...
En descendant dans le trou, Biet s'aperçoit que son sac a été littéralement broyé par le pétard qui est tombé au moment où je partais... Les parois de la tranchée sont criblés d'éclats et une pelle-bêche qui était sur le sac de Biet est en loque...
...Je reconnais alors que mon fusil m'a sauvé la vie : s'il ne s'était pas enrayé, j'aurais été dans mon trou, au moment où les boches ont envoyé le pétard, et, sans ce hasard, je prenais quelque chose comme éclats dans le bas des reins ou ailleurs !...
Enfin, maintenant, l'alerte est passée : personnellement, je m'en tire à bon compte, mais ça nous fait tout de même sept pertes à la section !
...La journée se passe dans une nervosité extrême : nous avons hâte de voir la nuit arriver, car nous n'avons plus que celle-là à passer ici... Un poilu émet l'opinion que les boches vont remettre ça : "Mais non, lui dis-je, le but de tout coup de main est de faire des prisonniers. Ils en ont trois, dont deux sous-officiers. Ils vont s'estimer heureux avec ça et resteront tranquilles !"
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