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Et, en effet, les évènements me donnent raison.
La nuit et la journée suivante sont bien calmes... Néanmoins, c'est avec un plaisir sans mélange, que nous acceptons la relève qui vient le soir. C'est le premier bataillon du 154 qui prend notre place et nous, nous allons du coté de Vacquemoulin, derrière le remblai d'une route, le long d'un petit ruisseau.
Nous devons aller travailler de nuit, à la construction d'un petit boyau pour la pose d'un fil téléphonique, à coté du P.C. de l'infanterie divisionnaire...
Le 4 août, nous quittons ce coin, pour aller à coté de Moyenneville, dans un ravin... Là, pour la première fois depuis que nous sommes dans le secteur, j'ai une cagna toute prête. Rien à y faire !
Les tuyaux d'attaque deviennent de plus en plus forts : d'après eux, on ferait une attaque en masse de notre coté, de façon à percer le front allemand... Mais rien n'est encore précis !
Ce n'est que le 8 août, au matin, qu'on nous fait nettoyer consciencieusement nos armes, et ensuite distribution de cartouches, grenades et vivres de réserves... Un moment après, nous filons à Vacquemoulin, y porter nos sacs. Moi, je garde le mien, car je trouve ça plus pratique, pour y mettre ce dont je suis embarrassé.
...Mon équipe se compose ainsi : moi, comme tireur et Gouguet, comme premier pourvoyeur, un type de la classe 18, de la Charente, un peu bête, mais qui marchera bien, je crois... Quant au deuxième pourvoyeur, il est de sortie, je m'en passerai...
En allant porter nos sacs, nous voyons les pièces d'artillerie s'installer, il y en a quelques-unes !... Des 75 et des 155, installés sous de vulgaires camouflages, dans la plaine. Des 220, placés derrière le remblai de la voie ferrée... Quand tout ça, va se déclencher, ça va faire un beau barouf !...

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