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     Je passais une bonne nuit, et le lendemain matin, je me trouvais si bien dans le lit, que je fis mentalement, le sacrifice de mon jus, afin de ne pas avoir à me lever.

     Je me trouvais dans l'engourdissement du demi-réveil, lorsque la vieille dame, vint frapper à ma porte, et entra :
     "Dites-moi, que préférez-vous le matin, du café noir, ou du café au lait ?
- Je vous remercie, Madame, mais ne vous dérangez pas pour moi.
- Je ne vous demande pas de me dire si ça me dérange. Répondez plutôt à ma question : café noir ou café au lait ?
- Oh ! Ca ne fait rien ! Ce que vous voudrez !"

     Elle n'attendit même pas les paroles de remerciements que je lui adressais, et s'en fut. Cinq minutes plus tard, elle m'apportait sur une assiette, un grand bol de café au lait bouillant, flanqué de deux respectables tartines de pain beurré.
     "Tenez, avalez-moi ça ! Cela vous fera du bien !"

     Je la remerciais avec effusion, et elle partit tout heureuse du plaisir qu'elle savait m'avoir causé.
Inutile de dire que j'engloutis parfaitement bien le tout et je me rendormis bien tranquillement jusqu'à dix heures. J'avais juste le temps de m'habiller et de courir à la soupe.

     Après le repas, je retournais à la maison, où je passais mon après-midi à confectionner, à l'aide d'un moule, des cigarettes pour le mari de la jeune femme. Un intermède pour la soupe du soir et nous nous retrouvâmes tous en famille pour prendre le thé, en lisant les journaux qui annonçaient le déclenchement de la formidable offensive boche sur Verdun, le 21 février 1916.

     Nous commentions cet évènement en le rapprochant de notre fuite de Verdun, et alors nous apparut la cause de notre départ. Le lendemain, nous apprîmes exactement ce qui s'était passé. Le 12, un groupe de boches étaient venus se rendre, dans nos lignes, déclarant qu'il ne voulait pas se faire tuer, ce qui ne manquerait pas, car une formidable bataille pour Verdun, se préparait du côté boche.

     C'est alors que le commandement prit ses dispositions, pour la défense, et que dans la nuit du 12 au 13, des ordres arrivèrent, pour nous faire évacuer. Mais non n'en fûmes avertis que le matin du 13, puisque le déménagement ne devait s'opérer que dans la journée.

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