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Nous cassons la croûte, comme tout bon poilu qui se respecte. Nous nous déchaussons et nous couchons.
Tout à coup, je suis réveillé par un gueulement ! "Tout le monde debout ! prêt à partir !"
Les bougies s'allument, comme par enchantement. Il n'y a pas deux heures que nous dormons. En maugréant, nous enfilons nos godasses... Boum ! Cinq minutes après, Chièze rapplique : "Tenue d'assaut ! Portez les sacs au bureau !"
Les poilus qui avaient déjà monté leurs sacs rouspètent. Moi, je m'en fous ! J'ai mon sac bourré de quatre cent cartouches, je le garde. Je n'ai donc pas à le démonter ! Puis troisième apparition de Chièze : "Sergent de jour aux cartouches !"
Cela sent de plus en plus mauvais ! Nous croyons bien que nous montons en ligne... à moins que nous n'allions défendre le camp retranché de Paris !
Au moment de partir, distribution de grenades et du rabiot de cartouches. Moi, comme pourvoyeur de F.M., je laisse choir tout ça, dédaigneusement. J'ai mon compte !
...Enfin, nous nous mettons en route... Il est environ trois heures du matin. Nous marchons bons pas et faisons ainsi une quinzaine de kilomètres. Nous arrivons alors à une voie ferrée, et commençons à nous apercevoir que nous sommes en ligne.
Des cadavres, ça et là, en témoignent... Nous suivons la voie, passons devant la station de Ménévillers, poursuivons notre route encore en bout de temps, puis nous arrêtons... Une petite pause, et nous franchissons le remblai...

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