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     A la 37e, nous devions être groupés en une section spéciale, afin de nous permettre d'étudier à loisir. Mais, comme il n'y avait pas de locaux disponibles pour nous loger, nous reçûmes des billets de logement. On m'en remit un pour le pharmacien de Wassy. J'y allais avec un camarade qui devait coucher avec moi. Je croyais être aussi bien qu'à la première maison. Mais, quelle déception ! Tout d'abord, comme logement, une petite chambre, faite à l'aide de cloisons dans le grenier de la maison. Pas de cheminées. Comme meubles, un lit et une table de nuit. L'air entrait là, comme chez lui et il n'y faisait pas chaud. C'était l'ancienne chambre de la bonne du pharmacien. Comme elle était partie, la place se trouvait libre.

     Le soir, lorsque nous rentrâmes à la pharmacie pour aller nous coucher, un bonsoir fur échangé en passant et ce fut tout. Le lit, à peine assez large pour deux personnes, nous obligeait à dormir tous deux sur chacun des bords. Enfin, après une mauvaise nuit, nous partîmes bien vite prendre le jus chaud, car nous étions gelées et nous avions mal dormi.

     Nous allions à l'exercice à part, encadrés comme les autres sections. Le soir, nous avions une salle de l'école de Wassy à notre disposition pour y étudier à notre aise. Ma foi, j'y restais assez tard, car je me souciais peu de rentrer de bonne heure dans notre chambre froide et nue, quoique, une fois couchés, nous avions un peu plus chaud, car nous y avions amené nos couvertures, et de cette manière on pouvait tenir.

     Le 3, nous passâmes un petit examen pratique : gymnastique, maniement d'arme, etc. devant le commandant Vuillaume et le capitaine Godefroy. Sur vingt-et-un que nous étions d'inscrits douze seulement restèrent, pour la proposition qui devait partir au ministère de la guerre. Puis nous reprîmes l'exercice.

     Cela dura plusieurs jours, coupés seulement le 6 par une quatrième et dernière vaccination et une journée de repos, le 7.

     Le 8 mars, nous eûmes repos pour la préparation du départ. Il fallut monter les sacs et faire les ballots individuels. Nous partions le lendemain pour Laval, où se trouvait notre nouvelle garnison.

     Le soir, ce fut la visite d'adieu à Wassy, et le jeudi 9 mars, nous quittions Wassy à destination de Laval. J'avais écrit la veille à mes parents, comptant bien passer par Noisy-le-Sec, mais loin de là. L'itinéraire fut celui employé en général par les trains de troupe : Wassy, Brienne, Neufchâteau, Troyes, Sens, Montargis, Orléans, Chartres, Nogent-le-Rotrou, Le Mans et Laval.

     Nous arrivâmes le 10 dans cette dernière ville, à trois heures et demie de l'après-midi, après un voyage relativement rapide. Nous traversâmes la ville au pas cadencé, pour nous rendre au quartier. Mais quelle trotte ! La caserne Schneider, où nous allions, se trouve bien à trois kilomètres de la gare. Nous primes une bonne suée, surtout en montant la rue d'Ernée, en haut de laquelle se trouve cette caserne.

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