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Enfin, nous arrivons aux lignes. Nous nous engageons dans un boyau, après avoir pris des pelles et des pioches à l'entrée. Par endroits, ce boyau est éboulé, il s'agit de le rafistoler. En dix minutes, le travail est fait. Nous n'attendons plus alors que l'ordre de départ. Nous avons hâte d'aller nous coucher.
La nuit est silencieuse. De temps en temps, une fusée blanche, monte et redescend lentement, éclairant la plaine immense d'une lueur blafarde.
Enfin, l'ordre passe de se préparer au départ, puis en route. Nous rendons nos outils au passage, et nous regagnons Brenelle, bien fatigués, car notre promenade se marque par trente kilomètres en chiffres ronds. J'apprends le lendemain, que je suis affecté à la section comme agent de liaison entre le capitaine Flamand et le sous-lieutenant Noël. Cela ne me plait, ni ne me déplait. Faire ça ou autre chose, du moment que je monte en ligne, ça ne me fait ni chaud, ni froid. Le 13, j'ai eu une petite distraction. Un avion de bombardement, en détresse est venu atterrir au-dessus de Brenelle. J'ai été le voir de près. Il y a dix casiers, comme un panier à bouteilles, et des agrafes sous le fuselage, pouvant tenir trois autres projectiles, soit au total, treize à envoyer. Mais il m'a fallu bientôt déguerpir, car les boches ayant repéré le truc, envoyaient quelques obus...
...On commence à parler de plus en plus de l'attaque. Ce serait pour après-demain.

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