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J'y retournais d'ailleurs le dimanche suivant pour Pâques, ce devait être mon dernier jour de fête passé à La Flèche.
En effet, le peloton était dissous le 27. Je n'étais pas reçu : je devais donc rentrer au 164e. Nous regagnions Laval, le 28 et le premier mai, nous partions pour la permission obligatoire de huit jours qui avait été accordé, pour Pâques, à toute la classe dix-sept.
Le 8 mai, j'étais rentré au corps, après un bon repos, et à partir de cette date, commença la vie d'exercice monotone et fatigante.
Le 24 mai, nous allâmes à une prise d'armes pour remises de décorations : la première à laquelle nous assistions. La troupe était représentée par la classe 17 du 164e, du 124e, du 54e, et du 18e chasseurs cyclistes. La légion d'honneur fut remise à un lieutenant de chez nous : Naboudet, commandant le deuxième groupe et la médaille militaire à quelques poilus du régiment ou en séjour dans les hôpitaux.
L'exercice, les manoeuvres, le tir... tout cela continua de plus belle, jusqu'au jour où ayant attrapé mal à la gorge j'entrais à l'infirmerie. J'y restais bien sagement jusqu'au 13 juillet.
A cette date, nous quittâmes Laval pour Evron, situé à trente-cinq kilomètres de là et où devait se tenir notre centre d'instruction.
Le samedi 15 juillet, eut lieu le départ de la classe dix-sept, pour le bataillon de marche : premier pas fait dans la direction du front. Lorsque j'appris ce départ, c'est-à-dire la veille, j'allais trouver le capitaine Godefro en lui demandant de me faire partir avec ce renfort, mais il ne voulut rien savoir. Comme on ne prenait que les plus bas matricules, force me fut de rester là, puisque j'étais arrivé dans les derniers, j'avais forcément un matricule plus élevé que les autres.
C'était la première cérémonie du genre. Les poilus partaient pour Laval, se faire habiller de bleu-horizon, et de là, point de direction : Rouvres, près Mirecourt, dans les Vosges.
Avant leur départ, toute la compagnie fut rassemblée sur la place de la mairie d'Evron, formation en carré, les partants formant un des côtés du carré. Après avoir commandé le garde à vous, le capitaine leur adressa la parole :
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