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"Première pièce, prête ! - Deuxième pièce, prête ! - Troisième pièce, prête ! - Quatrième pièce, prête !"
Un dernier ordre : "Commencez le feu !"
Une pièce tire, puis une autre, puis deux. Et ensuite, c'est un roulement ininterrompu qui dure dix ou quinze minutes.
Un nouvel ordre : "Cessez le feu !"
Un silence complet. De nouveaux ordres : "Feu de dix obus par pièce. A 3.500 mètres. Tambour 7 !"
Mêmes réponses des pointeurs, et le sacramentel : "Commencez le feu !"
A ce moment, on dirait que les quatre pièces deviennent enragées, c'est à celle qui ira le plus vite. Et en un rien de temps tout s'arrête...
J'en ai entendu assez; je rentre dans la sape et me couche. C'est une cagna toute en longueur, et à peine plus large que la hauteur d'un homme. Nous couchons tête-bêche, car il a fallu que toute la compagnie tienne dans cette cagna. Nous sommes bien serrés, mais cela vaut mieux, car il fait un temps abominable et froid, et brumeux.
Nous nous réveillons le lendemain, transis. Nous courons chercher le jus et nous nous installons aussitôt à faire une manille à quatre : Lamy, le pays de mon père, un grand diable de méridional, brancardier de la compagnie, un autre copain et moi.
Vers onze heures, comme j'avais quelques sous, l'idée me vint d'aller à Braine, un patelin assez important, à deux kilomètres de là, chercher quelque chose à manger, afin de faire un bon repas avant de monter en ligne.
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