home
Il n'y a personne à cet endroit, nous y descendons pour attendre les évènements... Vers midi, alerte ! Nous distinguons une ligne grisâtre, à droite de Saint-Maur qui vient vers nous.
Troutot suit à la jumelle, et reconnaissant les boches envoie une fusée : demande de barrage... A peine est-elle en l'air que nos 75 et nos 155 se mettent à cracher, comme il faut. Leur tir est bien ajusté. Les obus explosent devant la ligne de tirailleurs boches... Nos mitrailleuses et nos fusils-mitrailleurs se mettent de la partie... Les frigolins font demi-tour et regagnent leurs positions en vitesse...

Le tir s'apaise et cesse...
Dans le ravin, au-dessous de nous, sont installés les tirailleurs... L'artillerie boche se réveille : leurs obus suivent le ravin... Nos pauvres kakis prennent quelque chose, surtout que juste derrière eux, se trouve la ferme de la Garenne, facilement repérable, et les boches ne se gênent pas pour taper dessus.
Le temps est magnifique. Les avions sortent en quantité. En voici une escadrille de chez nous, de vingt-cinq d'un seul coup. Les fusants font rage... Dans la quantité, ils réussissent à en attraper un qui se met à brûler, tombe et explose en touchant le sol.
Vers vingt heures, arrive l'ordre de nous tenir prêts pour une reconnaissance dans la direction de Saint-Maur. Toute la section en est. Il faut que nous sachions si le pays est occupé ou non. Nous partons vers onze heures... Nous marchons par petits bonds courts et successifs... Mais la petite pointe de grenadiers qui marche devant nous, fait un potin infernal avec ses baïonnettes. Aussi, ça ne loupe pas. Il arrive bien ce qui était prévu.
|