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Nous ne sommes plus qu'à une centaine de mètres du pays quand brusquement, les mitrailleuses se mettent à cracher et les fusées vertes voltigent en l'air... Le barrage va rappliquer !... Il rapplique !... Deux ou trois 88 viennent nous péter au derrière. Voilà là-dessus, la section entière qui fait demi-tour au pas gymnastique, et houp ! en moins de rien, nous avons regagné notre tranchée !... En tout cas, nous sommes fixés : le pays est occupé, nous nous en sommes aperçus !
Il est deux heures du matin. Nous nous arrangeons pour la garde et à tour de rôle, nous prenons un peu de repos...
Au petit jour, voilà que brusquement les boches déclenchent un tir d'artillerie dans la vallée ! En un rien de temps, elle est remplie de fumée.
Les tirailleurs envoient une fusée demandant le barrage. Aussitôt le lieutenant en envoie une autre, et comme hier, la réponse ne se fait pas attendre ! Bing ! Zing ! Bing !... Bing ! Zing ! Bing ! Nos 75 crachent dur et ferme. Quant à nous, nous nous tenons sur nos gardes. Les fritz peuvent venir : ils seront reçus comme il faut. Ce tintamarre dure une heure environ, puis comme toujours, ça se calme, puis s'arrête totalement.
Vers quatre heures, il fait déjà grand jour, et nous devons aller relever les tirailleurs dans le ravin... Car ce sont des troupes qui sont de toutes les attaques, mais au lieu de se payer des trente ou quarante jours de lignes, comme nous, ils n'y restent que vingt-quatre heures et sont relevés.
Dans la nuit, ils ont travaillé, et, en arrivant nous trouvons un élément de tranchée.
Nous attrapons nos outils portatifs en vitesse et avec Dubois et Blin, nous nous faisons un trou pour nous trois. Sitôt que nous jugeons qu'il a une profondeur suffisante, nous essayons de roupiller.
Mais l'envie est vite coupée, car les 88, malgré la relève, continuent à rappliquer, et il fait plutôt chaud ! Nous avons de la veine : personne n'est touché dans notre coin. Il n'en est pas de même à la première section, car nous voyons quelques poilus ficher le camp en vitesse.
Dans l'après-midi, on nous fait passer quelques grenades, en cas d'attaque boche. Dubois, pendant ce temps me fait une théorie sur le F.M. que je connais à peine, afin que je sache m'en servir en cas de besoin. Au bout d'un moment je suis en état de tirer convenablement... Si le fusil veut bien marcher !... Puis, nous admirons le panorama. Les Rimailhos tapent dur sur Saint-Maur. Je crois que les boches qui y sont doivent avoir chaud au cul... les pôvres !
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