Login  |  MeToo  |  Wax  |  14-18  |  Photos  |  Comics  |  Games  |  Term  |  Rally  |  Users    
home
     Tous, les hommes autant que les officiers, étaient très émus, surtout le capitaine Godefroy qui était très aimé des poilus à qui il le rendait bien, car il était très bon pour tous.

     Ce fut la première séparation d'un tronçon de la compagnie : cent-vingt-cinq hommes de moins.

     L'exercice à grande échelle, reprit de plus belle. Mais nous avions, néanmoins quelques distractions, notamment les bains à l'étang de Mésanger, près d'Evron. La première fois que nous y allâmes, il y avait une barque, au milieu, montée par trois ou quatre hommes, dont deux armés de gaffes, qui fouillaient au fond de l'eau. A un moment où ils s'approchèrent du bord, nous apprîmes qu'ils recherchaient le corps d'un instituteur qui s'y était noyé la veille, quoique très bon nageur. Il est vrai qu'il y avait tellement d'herbes ! Mais cela ne nous refroidit pas et nous primes, néanmoins, un bon bain, avec promesse d'y retourner le plus souvent possible.

     A ce sujet, nous fumes attrapés deux jours plus tard, car un ordre parut, interdisant aux isolés, d'aller se baigner sans autorisation, ni surveillance.

     Il est vrai qu'il y en eut beaucoup qui passèrent outre, mais quelques punitions bien appliquées leur firent abandonner toute idée de baignade.

     Bientôt, les permissions agricoles commencèrent pour les cultivateurs. Des départs eurent lieu tous les jours. D'en voir filer comme ça, ça nous donna bien le cafard, surtout aux parisiens, à qui cet espoir n'était pas permis.

     Enfin, le premier août, nous partions à notre tour, mais non pas en permission ! Nous étions envoyés en équipes de quatre ou cinq, dans de petits pays de la Mayenne. Je fus désigné, avec quelques autres pour Laigné, un petit pays placé entre Mayenne et Craon. Nous partîmes d'Evron, le premier. Nous devions, d'abord aller à Laval, où nous arriverions vers sept heures du soir, passer la nuit dans la caserne Schneider, et repartir, le lendemain matin, à quatre heures quarante pour Ampoigné, la gare qui desservait Laigné.

     Tout se passa le mieux du monde. Nous arrivâmes vers neuf heures à Laigné, où nous allâmes voir le maire qui devait nous répartir entre différentes fermes. Je fus envoyé à la ferme de Chassebourg, chez Madame Reillon, à quinze cent mètres de Laigné.

     En arrivant, je leur tins un petit discours de ma façon, que j'avais préparé, afin d'empêcher toute surprise de leur part.

page précédente
page 8
page suivante