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     Nous franchissons sur des passerelles, des boyaux, des tranchées. Les passerelles ne sont pas larges. Un cri, ce n'est rien, un poilu qui vient de tomber dans le fond. Il geint. Il s'est cassé une jambe. Oh, le veinard ! Au moment d'une attaque !

     On commente l'évènement en enviant ce poilu... et on marche toujours. Enfin on arrive. Nous occupons la tranchée de Chavonne. Je vais poser mon sac dans la cagna du capitaine, simple encoche faite dans la paroi de la tranchée et recouverte d'une épaisseur de rondins de sapin.

Schéma d'une tranchée


     Il faut que je donne un plan du terrain pour la clarté des détails. L'Aisne, la tranchée de Chavonne qui lui est perpendiculaire. En face de nous, à 900 mètres, se dresse une crête : le Mont Sapin. Nous l'appelons ainsi, parce qu'elle est couronnée par un bois. Entre la tranchée et la crête, un ravin qui remonte vers la droite. Dans ce ravin et au bord de l'Aisne : Chavonne. La tranchée suit vers la droite, le même tracé que la crête, et est à sa hauteur, à 11 ou 1200 mètres de l'endroit où nous sommes.

     Nous arrivons vers trois heures et demie. On signale au capitaine, que les brèches dans nos réseaux ne sont pas bien faites. Deux hommes vont les agrandir. Moi, je commence mon service, la gorge serrée (dois-je le dire ?) non pas, absolument de peur, mais plutôt d'émotion, en face de cet inconnu !

     Je vais deux fois au P.C. du bataillon, porter des comptes-rendus. Je fais des tours et des détours dans les boyaux, ne m'y reconnaissant plus. Je reviens deux fois aux même endroits. Je patauge dans une boue épaisse. Enfin, je réussis quand même !

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