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"Je ne suis pas cultivateur, mais, ma foi, si je peux vous être utile, je ne demande pas mieux que de rester. Avec un peu de bonne volonté, je pourrais peut-être vous rendre quelques services. Mais, vous savez, ne me demandez pas des renseignements sur la culture, car je n'y connais rien du tout."
Je pense qu'ils furent favorablement impressionnés par ce petit speech, car ils m'assurèrent que dans une ferme, on pouvait mettre à contribution, toutes les bonnes volontés, et qu'avec un peu de courage, on satisfaisait à tout.
Aussi, le lendemain, je commençais mon métier de cultivateur. La moisson battait son plein, je n'eus pas la peine de chômer, je me mis à ramasser les gerbes de blé, et au bout de deux jours, je savais les attacher...
Mon père, ayant son congé à ce moment, et ma mère chômant un peu, ils vinrent me rejoindre au bout de huit jours, pour passer avec moi les derniers temps de ma permission. Ils se logèrent à Laigné, chez une aubergiste, Madame Leduc; dans la journée ils faisaient un tour à droite ou à gauche, visitant les alentours; faisaient une courte apparition au champ où nous travaillions, et le soir venu, j'allais les rejoindre à Laigné, pour dîner avec eux.
Cette existence dura huit jours. Au bout de ce laps de temps, nous quittâmes ensemble Laigné, moi me dirigeant vers Evron et mes parents vers Paris.
...La vie de caserne recommença pour tout le monde, jusqu'au trois septembre. Ce jour-là, nous apprîmes qu'un second départ de renforts allait avoir lieu. Je courus, encore une fois, au capitaine, et, cette fois, je fus inscrit en tête de liste...
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