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Le lendemain matin, étant exempt de service, je n'eus pas à me préoccuper du départ à l'exercice. Je me postais à la porte du sous-lieutenant Hoffmann, qui commandait la 33, en l'absence du capitaine Thomas, permissionnaire, afin de lui demander des explications.
Il me répondit qu'étant exempt de service, il ne pouvait me prendre ni pour l'exercice, ni pour les corvées, il ne me prenait pas non plus pour les permissions !!
Enfin, après un bon moment de discussion, où je réussis, je crois, à lui faire comprendre que ça faisait six mois passés, que je n'avais pas eu de permission, il me répondit de me débrouiller à me faire supprimer mes deux jours d'exemption de service, et qu'ensuite on verrait.
A neuf heures, j'allais à l'infirmerie et je répétais au major, la discussion que j'avais eu avec Hoffmann. Il prit le carnet de visite et à la place de deux jours exempt de service il mit un jour, ce qui me rendait libre pour le 11. Mais ce n'était pas tout, il me fallait établir mon titre de permission. J'allais au bureau, où le sergent-major me répondit qu'il ne pouvait rien faire sans ordre du lieutenant Hoffmann, parti à ce moment à Rouvres auprès du chef de bataillon. Il fallait que j'attende qu'il rentre.
Enfin, à midi moins le quart, il fut de retour. Mon titre fut établi. J'avais alors à passer la visite. J'allais trouver tranquillement le major, dans sa salle à manger. On peut être sûr qu'il se contenta de signer ma permission, sans rien regarder, de peur de voir son appétit coupé net. Un cycliste prit alors mon titre de permission pour le porter à Rouvres au chef de bataillon qui avait déjà les autres en sa possessions.
Lorsque je fus, enfin sûr de partir, il était une heure. Je n'avais pas même pris le temps de manger, et on filait à quatre heures. Je réussis à être prêt, malgré tout, à l'heure fixée, et le dimanche 12 novembre, je débarquais à Paris, pour ma première permission de détente, dite du front, de sept jours.
Inutile de dire qu'elle passa comme en un rêve, et je m'en retournais, le 20 avec un cafard inouï.
Le restant du mois de novembre, ainsi que décembre passèrent d'une façon tout à fait monotone. Exercices dans la neige, théories, revues d'armes, etc...
Le premier janvier, nous fêtâmes la nouvelle année 1917, à trois ou quatre. Nous fîmes une petite bombe, ô bien modeste, avec le peu de chose dont nous disposions.
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